Tout savoir sur l’incontinence urinaire chez les enfants

Tout savoir sur l’incontinence urinaire chez les enfants

 

Les fuites involontaires d’urine peuvent survenir à toutes les personnes, quel que soit l’âge. Bien qu’on ne l’entende pas souvent, ce trouble touche fréquemment les enfants. Il convient de rappeler que l’incontinence urinaire est un symptôme et non un diagnostic. Il est de ce fait nécessaire de connaître un peu plus ce sujet afin de les combattre. Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur les fuites urinaires chez les enfants.

 

Incontinence urinaire enfants

 

 

L’incontinence urinaire infantile : qu’est-ce que c’est ?

Par définition, l’incontinence urinaire infantile se traduit par les fuites urinaires involontaires ou l’élimination involontaire des urines de plus de 2 fois par mois qui surviennent chez les enfants. Sachez qu’il existe différents types d’incontinence urinaire :

  • L’incontinence diurne qui décrit les fuites urinaires durant la journée

  • Et l’énurésie qui concerne les troubles mictionnels pendant la nuit

L’énurésie regroupe également deux catégories :

  • L’énurésie monosymptomatique qui décrit les fuites ne survenant que la nuit

  • Et l’énurésie non monosymptomatique pour les fuites qui apparaissent indistinctement le jour et la nuit.

En général, les fuites urinaires ne concernent que les enfants de plus 5 ans pour l’incontinence diurne et de 7 ans pour l’incontinence nocturne. Survenant à un âge inférieur, elles sont considérées comme normales. En effet, avant ce cap des 5 ans franchi, le contrôle vésical est encore en pleine croissance. Il est donc tout à fait normal que l’enfant n’arrive pas à se retenir puisque son système urinaire n’est éventuellement pas encore mature.

On distingue également l’incontinence primaire qui signifie que l’enfant a été incontinent pendant une période de plus ou égale à 6 mois. Au contraire, on parle d’incontinence secondaire quand l’enfant a été propre pendant une durée de 6 mois ou plus.

Les enfants concernés par l’incontinence urinaire

D’abord, il est utile de préciser que la propreté est précoce chez les filles par rapport aux garçons. De même, elle varie selon l’âge de l’enfant.

Vers l’âge de 3 ans, 84 % des filles et 53 % des garçons ont acquis la propreté diurne. Ensuite, près d’un an plus tard, ces chiffres s’élèvent à 96 % chez les filles contre 88 % chez les garçons. Et à 6 ans, on passe à 98 % pour les filles et 94 % pour les garçons.

Notez toutefois que la propreté diurne arrive bien plus tôt que la propreté de nuit. Effectivement, l’énurésie nocturne concerne environ 10 à 20 % des enfants de 5 ans, ce qui va diminuer au fil du temps pour atteindre 1 % à l’âge de 15 ans. Mais encore, ce type d’incontinence survient 2 fois plus chez les garçons que les filles.

Également, sachez que même après une période de propreté, un enfant peut avoir à nouveau des problèmes d’incontinence urinaire. Il s’agit de l’incontinence secondaire. En tout cas, pour les enfants de plus de 6 ans, elle ne concerne que 4 à 6 % des garçons et 3 à 6 % des filles.

Quelles sont les causes des fuites urinaires chez les enfants ?

Les causes de l’incontinence urinaire chez l’enfant sont en rapport avec la maturité de leur système urinaire en particulier la vessie et le système nerveux. En général, le développement de ces systèmes s’achève vers l’âge de 4 ans. Et une fois cette maturité atteinte, l’enfant pourra ainsi contrôler ses mictions avec une fréquence de 4 à 7 par jour dès l’âge de 5 ans.

Concernant l’énurésie nocturne, il est indispensable de préciser qu’il ne s’agit aucunement de maladie, mais d’une simple condition fréquente qui finira par disparaître au fil du temps.

Selon des études, un enfant sera impacté par cette énurésie nocturne si un des parents a été touché dans son enfance. Les statistiques confirment que cela arrivera à l’enfant dans 47 % des cas. Ce chiffre augmente à 77 % si ce sont les deux parents qui ont été confrontés à ce problème.

En plus du problème de maturité du système urinaire, le « pipi au lit » a entre autres pour cause un dysfonctionnement du mécanisme d’éveil. Voilà pourquoi les enfants qui en souffrent sont difficiles à réveiller.

Aussi, ne négligez pas les facteurs psychologiques. En d’autres termes, l’enfant se croyant en manque affectif ou au contraire victime de surprotection souhaite attirer l’attention pour exprimer son appartenance au monde des enfants.

Par ailleurs, certains parents emmènent les enfants consulter pour des troubles mictionnels, cependant, dans la majorité des cas, ils ne présentent aucune anomalie anatomique sous-jacente.

Par contre, si l’enfant a un de ces symptômes, il peut s’agir d’une dysfonction vésicale :

  • Sensation d’urgence,

  • Sensation de besoin non suivie d’une miction,

  • Faible jet urinaire ou jet irrégulier,

  • Douleurs urinaires,

  • Sensation de vidange incomplète.

Pour une minorité d’enfants qui n’ont aucun contrôle sur leur vessie, une maladie bénigne et transitoire telle que les infections urinaires ou une anomalie anatomique peuvent en être la cause. Dans ce cas, il est important de consulter un pédiatre et d’effectuer des examens.

Que faire face à l’incontinence urinaire infantile ?

Pour combattre l’incontinence urinaire chez l’enfant, il existe plusieurs mesures comportementales à prendre selon le type de fuite.

Pour l’incontinence diurne, même s’il disparaît avec l’âge, certaines mesures peuvent être prises pour le stopper. Par exemple, l’enfant doit écouter sa vessie et la vider entièrement en moyenne 7 fois par jour et éviter de consommer trop de boissons pour ne pas porter atteinte au développement de la vessie. Il est aussi préconisé d’apprendre à ses enfants d’adopté la bonne posture pour faire ses besoins : il est préconisé d’avoir les pieds qui touchent le sol et les jambes bien écartés.

En ce qui concerne l’énurésie nocturne, il est important de rassurer l’enfant sur le fait que ce qui arrive n’est pas de sa faute. Toutefois, il peut à lui le seul arrêter ces petits accidents et favoriser son rétablissement. En adoptant des gestes simples tels que ne pas trop boire avant de dormir ou aller aux toilettes avant d’aller au lit, les nuits mouillées seront réduites.

D’autres propositions s’offrent également aux parents pour éviter les fuites nocturnes de leurs enfants. Il existe par exemple des systèmes d’alarme que l’on place dans la culotte, qui sonne ou vibre au moment où une fuite est détectée. Le but est de réveiller le sujet pour continuer ses envies aux toilettes. Le traitement dure un trimestre, voire un peu plus, mais le taux de réussite est de 70 %.

Pour tous les types d’incontinences urinaires, avoir recours à des traitements médicamenteux est possible. Néanmoins, pour l’incontinence diurne, il vaut mieux commencer par exercer les mesures comportementales. Quant à l’énurésie, la rechute est probable dans la majorité des cas une fois le traitement achevé. Il faut toutefois comprendre qu’en cas d’absence de pathologie sous-jacente, les troubles mictionnels chez les enfants finissent par disparaître avec le temps.